A t-on affaire, en ce mois de mai 1982, à un tueur en série dans les rues de Pékin ? C'est ce que se demande l'inspecteur Peng après la découverte de plusieurs cadavres en peu de jours dans différentes parties de la ville. Les corps de trois hommes et d'une femme ont ainsi été recensés, apparemment assassinés sur le même mode opératoire. Ceux-ci ont été retrouvés dans un état similaire, squelettiques, vêtus de vêtements trop amples et dépourvus de papiers d'identité. 

   Le médecin légiste lui apprend que les victimes sont mortes de faim. Que le meurtrier les a privées de nourriture, les plongeant dans une lente et douloureuse agonie. Du jamais vu pour Peng jusqu'à présent dans sa carrière, qui, circonspect devant des faits d'une telle ampleur, demande à son vieil ami le juge Li, un homme perspicace et avisé, de l'aider à y voir plus clair. 

   Ensemble, ils mettent au jour une information capitale. Les quatre "affamés" n'étaient pas de purs pékinois mais venaient tous de la même région. D'une petite ville du sud du pays, Daoya, où ils avaient les uns et les autres occupés de hautes responsabilités dans la vie locale vingt ans auparavant. Dans les années soixante, lorsque le président Mao décida de mettre sur pied sa politique économique du Grand Bond en Avant. Censée améliorer le quotidien de la population chinoise. 

   Peng et Li se demandent quel lien peut bien relier entre-elles ces deux époques. S'interrogent aussi sur le fait que les quatre victimes ont, semble-t-il, déserté les lieux au même moment. Et cherchent enfin à savoir qui a bien pu s'en prendre à ces exilés devenus, deux décennies plus tard, des anonymes dans la capitale chinoise.

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